Et si c’était bien de mettre les gens dans des cases…

Mettre les gens dans des cases est mal vu… Cela serait même un signe d’étroitesse d’esprit. Et pourtant, bien que cela paraisse paradoxal, c’est indispensable pour développer la médecine de précision, la médecine personnalisée. En effet, un médecin ne peut pas porter un diagnostic complètement individualisé, car s’il le faisait, il ne pourrait pas proposer de traitement, par faute de références. Personnaliser un diagnostic c’est donc rechercher des cas similaires pour lesquels on dispose de références sur l’efficacité des mesures de prévention et des traitements. C’est aussi sortir d’une approche binaire malade/non-malade pour approcher une réalité plus complexe, multidimensionnelle. Mais in fine, si on veut pouvoir agir, il faut que cette complexité soit décrite par un nombre limité de cas, de cases. Personnaliser un diagnostic c’est donc trouver le juste équilibre entre une simplification réductrice et une individualisation stérile.

Ces grands principes inspirent l’approche de la modélisation et du machine learning par Ekipaj.  Nous répondons à ces besoins de personnalisation en utilisant les techniques de partitionnement des données (clustering). Ces techniques permettent d’identifier des groupes d’individus plutôt semblables entre eux et plutôt différents les uns des autres. Pour cela nous mettons en œuvre, suivant les cas de figure, les algorithmes des k-moyennes, les méthodes de regroupement hiérarchique, l’algorithme espérance-maximisation (EM), les algorithmes basés sur la densité ou les cartes auto adaptatives. Ces méthodes sont non-supervisées, ce qui veut dire qu’aucune hypothèse sur la définition des groupes n’est posée ; c’est la réalité des données qui permet de définir les groupes, et non ce que nous pouvons en penser ; et c’est l’avis des utilisateurs (les cliniciens s’il s’agit d’un diagnostic médical) sur la pertinence des groupes qui valide la classification. Cette non-supervisation est fondamentale ; elle nous libère des aprioris.

Mettre les gens dans les cases est donc être utile, voire même incontournable. L’important est de savoir pourquoi on le fait et de le faire avec les méthodes adaptées.

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